La Loi Salique
Due à Clovis, la Loi Salique, ou ’ Loi des Francs Saliens ‘, était avant tout un code de procédure criminel est familial. Son but était de racheter, contre compensation financière, le crime ou délit commis à la famille de la victime, supprimant ainsi toute notion de vengeance personnelle. La loi fait preuve d’une exhaustivité surprenante quand à ce sujet, tous les crimes/délits y sont minutieusement répertoriés. Voici d’ailleurs quelques exemples :
- Une plaie au crâne vaut 35 sous, mais si l’on aperçoit une partie du cerveau, 45 sous
- L’arrachement d’une main, d’un pied, d’un œil ou du nez, 100 sous, mais si la main continue à pendre, 63 sous
- Le vol d’un chien dressé, 15 sous, le vol d’un chien de berger, 3 sous
Le Franc peut commettre le pire des crimes, il n’aura à payer de son sang que s’il ne peut payer la somme prévue par la loi.
D’autre part, cette loi prévoyait également la prééminence de l’homme et l’exclusion de la femme quand à la succession des biens. C’est ainsi qu’après avoir été réinterprété par les juristes de Charles V, elle devint la principale règle de transmission du trône de France. En supprimant définitivement la succession par le mariage, elle s’assurait alors que seul un Prince de France montrait sur le trône. L’une de ses principales utilisations eut lieu au moment de la succession du dernier descendant des Valois, Henri III. Ce dernier avait en effet prévue que Henri de Navarre montrait sur le trône lors de sa mort et ce non parce qu’il était l’époux de Marguerite de Valois (la célèbre Reine Margot), qui était la sœur d’Henri III, mais parce qu’il était le plus proche parent homme du Roi en ligne directe. Les problèmes de début de règne d’Henri IV vinrent plus du fait qu’il était protestant quand la majeure partie de la population était catholique, que du fait qu’il était un lointain parent du feu Roi
Dans les premières années du 18ème siècle, la majeure partie de ses descendants étant morts, Louis XIV souhaita la modifier pour permettre l’accession au trône de ses enfants illégitimes. Cette décision fut cassée par le Parlement de Paris dès la mort du souverain, témoignant ainsi du caractère fondamental de la loi. Le Roi lui-même n’avait pas le pouvoir de la changer.
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